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eyeless · Eyeless In Gaza & Martyn Bates forum
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Martyn Bates – Return of the Quiet   Message List  
Reply | Forward Message #1498 of 1626 |
RE: [eyeless] Martyn Bates – Return of the Quiet

who among the french speaking members is ready to translate it for the rest of the world ???

 

qui s’y colle ?

 


De : eyeless@yahoogroups.com [mailto:eyeless@yahoogroups.com] De la part de Didier DDA
Envoyé : mardi 5 août 2008 18:00
À : eyeless@yahoogroups.com; Jerry Nilson; BEAL Xavier; Alain Quotermans; Daniel Crokaert
Objet : [eyeless] Martyn Bates – Return of the Quiet

 

Martyn Bates – Return of the Quiet

J'ai passé l'été 1988 à écouter un album violet, The Return of the quiet. Le titre allait bien à la saison, le contenu n'était pas mal non plus. Martyn Bates a eu une façon de chanter bien à lui, que je connaissais par cœur depuis ses vocalises pour Eyeless In Gaza, le duo qu'il formait avec Peter Becker. Sûrement l'un des groupes les plus intensément dédaignés des années 80. Non affilié, trop lyrique, trop convulsif, peut-être moins new-wave que folk ? Le chant de Bates est tendu, éperdu, scandé. Il a l'air de chercher quelque chose en serrant les poings. De l'air ? L'extinction de son propre souffle ? Ou tout bonnement le calme et l'apaisement. Sur son premier album solo, le repos est moins le thème que l'horizon. Quand il se laisse aller à une valse, à moitié saoul de lumière ou de tristesse, les yeux clos, seuls les violons planent, pas encore sa voix.

La version qu'il donne de la perle Bacharach-David, The Look of love (pas celui d'ABC, donc) me prend aux tripes. C'est un comble avec cette chanson promise à la légèreté, presque à la transparence. Peut-être un doigt de mélancolie si vous y tenez… Celle de l'attente : How much have I waitedMais maintenant je t'ai trouvé et tout baigne… Tout est radieux sourire et vapeurs de désir au soleil. Eh bien non, pas tout à fait quand c'est Martyn Bates qui prend les commandes. Il ne minaude pas la chanson comme Claudine Longet, ne l'emmielle pas comme Johnny Mathis, ne l'embrasse pas comme Dusty Springfield. Il ne la prend pas non plus avec les pincettes royales de Scott Walker. Et si le romantisme un peu toc et non moins prenant de Hal David était le mieux révélé par Bates ? Let's make a lover's vow and seal it with a kissIl a l'air tellement sérieux, c'en est quasi mystique. Il yodèle ça comme un muezzin. Les mots « look » et « love » passent à son moulin à prières. L'inquiétude et l'extase, ou pourquoi pas les deux. Burt Bacharach a-t-il entendu cette version ? Que peut-il bien en penser ?

Le meilleur du Return of the quiet est sur la face 2 (oui, je sais, ça fait terriblement ringard, tant pis). On y entend The Look of love, un Bacharach-David transfiguré par Bates proche de la lévitation. Sad Song of almost, une valse amère chantée le soleil dans les yeux (le soleil de quelqu’un qui vous aime un peu moins qu’hier). You’ve got to farewell commence comme une histoire, un conte : Once there was a day… Puis ne raconte rien. Les mots sont simplissimes chez Martyn Bates, on jurerait qu’il limite exprès son vocabulaire, le contraire d’Elvis Costello si on veut. Sur ce canevas de banal song, les reliefs se voient comme le nez au milieu du visage. Enfuis-toi avec cette grande promesse, chante Bates, car à partir d’aujourd’hui, « all I’ll say will be dishonest ». Sa voix me semble dire le contraire mais il pourrait bien devenir « malhonnête ».

Une mandoline chatouillait l’oreille au début, là ce sont les violons (de synthèse) qui créent un effet de suspension, d’apesanteur. Avec Eyeless in Gaza c’était l’harmonium de Becker. Sans lui Bates est passé de la chapelle désaffectée, gothique, taillée à même la roche, à la musique de chambre. A tel point que les aléas du rangement ont amené la tranche de son disque à se serrer entre Prefab Sprout et Louis Philippe (les couleurs allaient bien aussi). Qu’est-ce que je lui trouve de si extraordinaire à la voix de Martyn Bates ? Elle est fiévreuse, elle peut crisper. Elle était plus nue que d’autres et montrait ses défauts (Morrissey était très fort dans ce genre-là, mais il a soigné aussi ses petits effets). Je crois qu’à l’époque elle me vengeait un peu de la domination des garçons robotiques à mèche, avec ces intonations graves métalliques faisant plus vieux que leur âge et plus moderne que leur temps. Si vous ne voyez pas de qui je veux parler, ce n’est pas très important. Et puis ces gars-là avaient quelques bonnes chansons, il y a donc des chances qu’on les croise un de ces jours par ici.

François Gorin

(Télérama, France, Juillet 2008)

 

 


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Tue Aug 5, 2008 4:02 pm

xavier.beal@...
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Martyn Bates – Return of the Quiet J'ai passé l'été 1988 à écouter un album violet, The Return of the quiet. Le titre allait bien à la saison, le...
Didier DDA
didierd2002
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Aug 5, 2008
4:00 pm

who among the french speaking members is ready to translate it for the rest of the world ??? qui s’y colle ? _____ De : eyeless@yahoogroups.com...
BEAL Xavier
xavier.beal@...
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Aug 5, 2008
4:03 pm
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